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Copyright : Josée Pelletier |
Entrevue avec Josée Pelletier
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Lecture Ado - Vous avez commencé à écrire des histoires très jeunes, n’est-ce pas? Que vous apportait l’écriture à ce moment-là? Vous apporte-t-elle quelque chose de différent à présent?
Josée Pelletier : Quand j’étais petite, je n’aimais pas beaucoup regarder la télévision. Il faut dire qu’à cette époque, il n’y avait pas de chaînes spécialisées qui diffusaient des émissions pour les enfants. Donc, pour passer le temps et m’amuser, j’inventais des histoires. Elles trottaient continuellement dans ma tête, lorsque je marchais pour me rendre à l’école, ou dans mon lit, tout juste avant de m’endormir. Je les écrivais pour me permettre de les faire évoluer. Une fois écrites, je pouvais passer à la scène suivante, l’imaginer et y réfléchir. Au fil des années, rien n’a changé. Écrire m’amuse autant. Et je pense toujours à une histoire où chaque jour, mes personnages évoluent. |
L. A. - Quelle fut la première histoire que vous avez écrite? De quoi parlait-elle?
J. P. À sept ans, j’ai écrit ma première « longue » histoire. Elle s’intitulait « Le voyage de Syka ». Je me souviens avoir passé beaucoup de temps à réaliser « cette œuvre ». J’étais très fière du résultat final. Le manuscrit comptait une vingtaine de pages et j’avais également réalisé toutes les illustrations, même celle de la page couverture. Par contre, il n’y avait pas de quatrième de couverture. Je me permets donc, aujourd’hui, de l’écrire :
Syka est une petite chienne qui n’a qu’une envie : faire une sieste. Mais où peut-elle bien s’installer confortablement pour roupiller? Madame passe la balayeuse dans les chambres, Grand-maman s’affaire dans la cuisine, les enfants chahutent dans le sous-sol et Monsieur peinture les murs du salon.
Syka n’y voit qu’une solution : passer par la chatière et trouver un endroit à l’extérieur où il fera bon de s’y reposer. Dans le champ, près de la maison, elle trouve un très grand panier, renversé sur le côté. Elle y entre et soupire d’aise en pensant qu’elle y fera une très belle sieste.
Un bruit énorme la réveille. Pchuuuuuuut! Mais quel est cet énorme ballon au-dessus de sa tête? Elle se hisse sur ses pattes et regarde par-dessus bord : oh! Elle flotte dans les airs, dans une montgolfière.
Peut-être qu’un jour je vais réécrire cette histoire et vous pourrez lire la suite!
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L. A. - Quelle sorte d’adolescente étiez-vous?
J. P. J’étais une adolescente sportive et studieuse. J’aimais être entourée d’amis. Quand je me retrouvais seule, je lisais tout ce qui me tombait sous la main. |
L. A. - Quels sont les livres qui vous ont le plus marqués pendant votre enfance et votre adolescence? Pourquoi?
J. P. Petite, j’ai dévoré avec grand appétit tous les livres écrits par la Comtesse de Ségur. Ils sont sans aucun doute les livres qui ont le plus marqué mon enfance. Lorsque j’étais adolescente, il y avait peu de romans dont les personnages avaient mon âge. J’empruntais donc des livres à mon père, ceux qu’il avait lus. Il y a aussi eu une période où je m’intéressais à la poésie québécoise. Gilles Vigneault et Félix Leclerc étaient mes auteurs préférés. J’aimais en écrire, je recherchais LA rime, celle qui était exacte et fidèle au sentiment que je tentais de démontrer.
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L. A. - Qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir publier vos histoires il y a quelques années?
J. P. Depuis que je suis toute petite, j’écris pour me divertir. Je rêvais secrètement de publier un roman. Un jour, en mettant le point final à une histoire, je me suis dit : « Tiens, je crois que c’est bon! Et si j’allais un peu plus loin dans mon rêve de publier? ». Avec l’aide de mon amie Carmen Marois, j’ai peaufiné le texte et le 31 octobre 2002, je l’ai mis à la poste. J’ai croisé les doigts. Onze jours plus tard, Michel Lavoie, des Éditions Vents d’Ouest, acceptait de publier mon roman. Mon rêve se réalisait : j’étais enfin une écrivaine!
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L. A. - Pour écrire « Une nuit pour tout changer », vous avez été inspirée par votre expérience en tant que patineuse artistique, puis comme entraîneuse et enfin, comme maman de joueurs de hockey. Vous connaissez très bien le milieu dans lequel vous avez fait évoluer vos personnages. En est-il de même pour vos autres romans? D’où puisez-vous votre inspiration?
J. P. C’est souvent des banalités du quotidien qui m’inspirent. Ma première inspiration d’Une nuit pour tout changer vient de deux jeunes, un garçon et une fille, que je croisais chaque matin. Ils attendaient l’autobus scolaire et se tenaient à une bonne distance l’un de l’autre. C’est l’élément déclencheur de cette histoire : j’ai simplement fait évoluer ces deux adolescents dans une histoire que j’ai inventée et où je me sentais à l’aise.
Je tire souvent de mon quotidien, de ce que je vois, de ce que j’entends, l’inspiration pour écrire. Je dois avouer que, parfois, le sujet se forme d’une étincelle dont j’ignore la source. Il en est ainsi pour Peau d’Anne ou Des vacances dans la tourmente. J’ai souvent l’impression que ce sont mes personnages qui me dictent l’histoire à raconter. Ce sont eux qui décident et qui mènent l’aventure. Je découvre les évènements en même temps qu’ils les affrontent.
J’aborde le thème de la leucémie dans L’Air bête. C’est un sujet sur lequel je voulais travailler depuis 1995. Cette année-là, l’un de mes enfants passait des examens à l’hôpital Sainte-Justine. Dans la salle d’attente où je me trouvais, il y avait deux jeunes enfants qui discutaient entre eux de leur taux de plaquettes dans le sang. Ils avaient à peine cinq ans et semblaient déjà si matures. On dirait qu’ils avaient perdu leur naïveté, celle que les enfants en santé possèdent. |
L. A. - Comment procédez-vous lorsque vous voulez écrire sur un sujet que vous connaissez moins?
J. P. Dans Des vacances dans la tourmente, les personnages principaux, Mélissa et William, font une croisière et se rendent dans les Bahamas. Puisque je n’ai jamais fait un seul voyage en bateau ni ne suis allée aux Bahamas, j’ai dû faire des recherches sur Internet. Je me suis même rendue dans une agence de voyages pour mieux m’informer.
Béatrice, dans Un cœur en exil, est sourde et muette. Puisque je ne connais personne qui l’est, j’ai dû vérifier certains détails, pour être certaine que ses faits et gestes soient plausibles.
Avec la venue de l’Internet, il est si facile de se renseigner. Mais il reste qu’on peut oublier des détails très importants quand on ne maîtrise pas parfaitement le sujet. C’est le cas dans L’air bête. Toutes les scènes qui ont lieu à l’hôpital ont été imaginées et, malheureusement, même si j’ai bien fait attention, j’ai fait deux petites erreurs. Elles se situent aux pages 86 et 87. Je vous laisse le soin de les trouver! |
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L. A. - Chaque fois que j’ai lu un de vos livres, j’ai été très émue par la beauté et la bonté de vos protagonistes. Je pense particulièrement à Zoé et Joey de « L’air bête » et à Mélissa et William dans « Des vacances dans la tourmente ». Avez-vous des modèles qui vous inspirent?
J. P. Habituellement, je crée mes personnages et je leur attribue des qualités et des défauts que j’ai observés chez les gens. Ils sont donc tirés de mon imagination. La seule exception est le personnage de Tristan dans « Une nuit pour tout changer ». Mon fils aîné a été mon modèle.
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L. A. - Lorsque vous terminez d’écrire un livre, qui a la chance de le lire en premier avant qu’il ne soit publié?
J. P. Carmen Marois, qui fait de l’assistance professionnelle littéraire, lit en premier mes textes. Elle sait me critiquer de façon constructive. Avec elle, je sais toujours où se situent mes points forts et quels sont les faiblesses que je dois améliorer ou les passages que je dois rayer. Mes premiers romans ont été aussi lus par deux amies, Marie-Andrée et Julie, qui m’ont beaucoup encouragée à publier.
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L. A. - Jusqu’à maintenant, vous avez publié : L’air bête, Coup de foudre et autres intempéries, Un cœur en exil, Peau d’Anne, Une nuit pour tout changer et Des vacances dans la tourmente. En avez-vous un autre qui sortira bientôt? À quoi travaillez-vous en ce moment?
J. P. J’ai écrit une nouvelle qui sera publiée prochainement dans le recueil de l’Association des écrivains québécois pour la jeunesse. J’aborde pour la première fois le thème de l’horreur. Je me suis bien amusée à écrire : Et si on jouait au bonhomme pendu? http://www.ventsdouest.ca/Livres.asp?IDL=258
Je travaille en ce moment sur une suite pour « Des vacances dans la tourmente », ainsi que sur un roman pour les 9 – 12 ans. Je ne sais pas encore si je vais mener les projets à terme. Qui vivra verra! |
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L. A. - Y a-t-il autre chose que vous voudriez partager avec nous?
J. P. Souvent, on me demande si je vais écrire pour les adultes. En fait, je crois que non! Dans mon cœur, je suis une éternelle adolescente. Et j’espère le rester longtemps, même quand j’aurai les cheveux blancs! |
L. A. - Merci à de l'intérêt que vous portez à Lecture Ado ! :)
Le 24 janvier 2008 |
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Un des titres parus |

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L'air bête
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PELLETIER, Josée (2003). L'air bête. Gatineau, Les Éditions Vents d'Ouest, coll. « Ado », 136 p. ISBN : 9782895370642 |
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